Algodystrophie : symptômes, causes, traitements et rôle de l’ostéopathie

algodystrophie Nancy

L’algodystrophie, aujourd’hui appelée syndrome douloureux régional complexe (SDRC), est une affection douloureuse qui peut apparaître après une fracture, une entorse, une intervention chirurgicale ou parfois un traumatisme relativement modéré.

Elle associe de façon variable douleur, hypersensibilité, gonflement, raideur, troubles de la température et de la coloration de la peau, ainsi que des modifications de la sudation. Ces manifestations sont liées notamment à des perturbations du système nerveux et de la régulation vasomotrice du membre atteint.

La prise en charge doit être précoce et multidisciplinaire. La rééducation progressive et la récupération fonctionnelle occupent une place centrale.

L’ostéopathie peut éventuellement intervenir en complément de cette prise en charge. Certaines techniques manuelles peuvent avoir pour objectif d'améliorer la mobilité des tissus, de diminuer certaines tensions et de favoriser les conditions locales de circulation. En revanche, il est important de préciser que l’efficacité spécifique de l’ostéopathie dans le SDRC et son effet direct sur la vascularisation ne sont actuellement pas suffisamment démontrés par des essais cliniques de qualité. Une revue publiée en 2026 n’a identifié que quatre publications concernant spécifiquement les traitements ostéopathiques du SDRC, avec des données limitées et hétérogènes.

1. Qu'est-ce que l'algodystrophie ?

Le terme algodystrophie est encore très utilisé par les patients et dans le langage courant.

Le terme médical actuel est syndrome douloureux régional complexe, ou SDRC.

Il s'agit d'un syndrome caractérisé par une douleur régionale persistante, généralement située au niveau d'un membre, accompagnée de différentes manifestations :

  • douleur importante ;
  • hypersensibilité au toucher ;
  • œdème ;
  • raideur ;
  • modification de la température cutanée ;
  • changement de coloration de la peau ;
  • troubles de la sudation ;
  • diminution de la mobilité ;
  • difficultés à utiliser normalement le membre.

Le SDRC peut apparaître après une fracture, une chirurgie ou un traumatisme, mais il n'est pas toujours possible d'identifier un événement déclencheur précis.

Il existe deux formes principales :

  • SDRC de type 1 : aucune lésion nerveuse périphérique clairement identifiée ;
  • SDRC de type 2 : une lésion nerveuse est identifiée.

Le diagnostic est principalement clinique, notamment à partir des critères de Budapest.

2. Pourquoi parle-t-on de troubles de la circulation ?

C'est une particularité importante de l'algodystrophie.

Le SDRC ne correspond pas simplement à un problème de circulation sanguine comme pourrait l'être une artère bouchée.

Il existe plutôt une perturbation de la régulation vasomotrice.

Autrement dit, le système nerveux autonome, qui participe normalement à la régulation du diamètre des vaisseaux sanguins, de la température cutanée et de la sudation, peut fonctionner de manière anormale.

Cela peut expliquer que le membre atteint soit :

  • plus chaud ou plus froid ;
  • rouge ou violacé ;
  • gonflé ;
  • particulièrement sensible ;
  • différent du membre opposé.

Les troubles vasomoteurs font d'ailleurs partie des manifestations utilisées pour identifier le SDRC.

Une nuance importante

Il est donc plus juste de parler de dysrégulation de la microcirculation et du système vasomoteur que de simplement dire que « le sang circule mal ».

Cette distinction est importante pour comprendre pourquoi une prise en charge manuelle ne doit pas être présentée comme une simple technique destinée à « débloquer la circulation ».

3. Quels sont les symptômes de l'algodystrophie ?

Les symptômes sont variables d'une personne à l'autre.

La douleur

La douleur est généralement le symptôme principal.

Elle peut être :

  • brûlante ;
  • profonde ;
  • lancinante ;
  • électrique ;
  • disproportionnée par rapport au traumatisme initial ;
  • déclenchée par un contact léger.

Une simple pression, un vêtement ou le contact d'une couverture peuvent parfois devenir désagréables.

Cette hypersensibilité est liée notamment aux modifications du traitement de la douleur par le système nerveux.

L'œdème

Le membre peut gonfler.

L'œdème peut être particulièrement visible au niveau :

  • de la main ;
  • des doigts ;
  • du pied ;
  • de la cheville ;
  • du poignet.

L'œdème peut lui-même participer à la limitation de mobilité.

Les modifications de température

Le membre atteint peut être :

  • plus chaud que l'autre ;
  • puis progressivement plus froid ;
  • ou présenter des variations de température.

Ces changements témoignent notamment de perturbations de la régulation vasomotrice.

Les changements de couleur

La peau peut devenir :

  • rouge ;
  • violacée ;
  • pâle ;
  • parfois marbrée.

Ces modifications peuvent fluctuer au cours de la journée.

La transpiration

Une transpiration inhabituelle peut également apparaître au niveau du membre concerné.

La raideur

La douleur, l'œdème et la crainte du mouvement peuvent progressivement entraîner :

  • une diminution des amplitudes articulaires ;
  • une perte de force ;
  • une diminution de l'utilisation du membre ;
  • une perte de confiance dans le mouvement.

C'est l'une des raisons pour lesquelles la récupération fonctionnelle progressive est fondamentale.

4. Pourquoi l'immobilisation peut-elle poser problème ?

Lorsqu'un membre fait très mal, le réflexe naturel consiste à ne plus l'utiliser.

Pourtant, dans le SDRC, l'immobilisation prolongée peut favoriser la perte de fonction et l'enraidissement.

Les recommandations européennes insistent sur la nécessité d'une rééducation adaptée et progressive et recommandent, lorsque cela est possible, d'éviter l'immobilisation prolongée du membre.

L'objectif n'est évidemment pas de forcer une articulation douloureuse.

Il s'agit plutôt de retrouver progressivement :

mouvement ? confiance ? utilisation du membre ? force ? fonction.

5. Pourquoi la rééducation est-elle essentielle ?

La rééducation constitue l'un des piliers de la prise en charge.

Elle peut comprendre, selon le stade et les symptômes :

  • mobilisation douce ;
  • récupération progressive des amplitudes ;
  • exercices actifs ;
  • travail de la force ;
  • réentraînement fonctionnel ;
  • travail de l'appui ;
  • désensibilisation ;
  • exercices proprioceptifs ;
  • travail de la marche ;
  • techniques de rééducation sensorimotrice.

L'objectif n'est pas uniquement de diminuer la douleur.

Il s'agit surtout de permettre au patient de réutiliser progressivement son membre.

Les recommandations européennes indiquent que les patients atteints de SDRC doivent pouvoir bénéficier d'une rééducation par kinésithérapeute et/ou ergothérapeute le plus tôt possible.

6. Quel rapport entre mouvement et vascularisation ?

C'est ici que l'on comprend mieux l'intérêt d'une prise en charge globale.

La contraction musculaire et les mouvements articulaires participent normalement aux échanges locaux et au retour veineux.

Lorsqu'un membre est très peu utilisé :

  • les muscles travaillent moins ;
  • les articulations bougent moins ;
  • la fonction musculaire diminue ;
  • l'œdème peut devenir plus difficile à gérer ;
  • le membre perd progressivement ses capacités fonctionnelles.

Le mouvement progressif constitue donc un élément important de la récupération.

Cependant, il serait excessif d'affirmer que l'exercice « rétablit directement la vascularisation » du SDRC. La physiopathologie est beaucoup plus complexe et implique notamment le système nerveux autonome, les mécanismes inflammatoires et les processus de sensibilisation.

7. Quelle place pour l'ostéopathie dans l'algodystrophie ?

L'ostéopathie ne doit pas être considérée comme le traitement principal du SDRC.

Elle peut éventuellement être utilisée en complément d'une prise en charge médicale et rééducative.

L'objectif d'une consultation ostéopathique peut notamment être de rechercher les restrictions de mobilité ou les tensions musculo-fasciales qui se sont installées autour du membre concerné.

Par exemple, après une fracture de cheville, un patient peut progressivement modifier sa façon de marcher.

Cette adaptation peut entraîner des contraintes secondaires au niveau :

  • du pied ;
  • de la cheville ;
  • du genou ;
  • de la hanche ;
  • du bassin ;
  • du rachis.

L'approche ostéopathique peut alors chercher à accompagner ces adaptations.

8. L'ostéopathie peut-elle améliorer la vascularisation ?

C'est une question importante, mais il faut distinguer mécanisme plausible et efficacité démontrée.

Certaines techniques manuelles sont susceptibles d'avoir des effets locaux et neurovégétatifs :

  • diminution de certaines tensions tissulaires ;
  • amélioration de la mobilité ;
  • stimulation sensorielle ;
  • diminution de certaines douleurs ;
  • modification transitoire de réponses autonomes.

Une revue récente consacrée spécifiquement à l'ostéopathie et au SDRC évoque plusieurs mécanismes théoriques pouvant concerner la régulation autonome, les flux vasculaires et lymphatiques et la modulation de la douleur.

Mais cela ne signifie pas que l'on dispose aujourd'hui d'une preuve clinique solide permettant d'affirmer que l'ostéopathie améliore la vascularisation du membre atteint d'algodystrophie.

Les données disponibles sont encore très limitées : la revue de 2026 n'a retrouvé que quatre publications répondant à ses critères, principalement des études observationnelles ou des cas cliniques. Les auteurs concluent que des recherches supplémentaires sont nécessaires avant de pouvoir déterminer précisément l'efficacité de l'ostéopathie dans le SDRC.

Comment présenter honnêtement le rôle de l'ostéopathie ?

On peut donc dire :

L'ostéopathie peut rechercher et traiter certaines restrictions musculo-squelettiques associées au SDRC et utiliser des techniques douces susceptibles de moduler la douleur et les réponses neurovégétatives. Une amélioration de la mobilité et de l'utilisation du membre peut indirectement favoriser son fonctionnement global. En revanche, l'efficacité spécifique de l'ostéopathie sur la vascularisation du SDRC reste à démontrer.

Cette formulation est beaucoup plus solide médicalement.

9. Pourquoi privilégier des techniques douces ?

Un patient souffrant d'algodystrophie peut présenter une hypersensibilité importante.

Une technique manuelle trop intense peut donc :

  • augmenter temporairement la douleur ;
  • provoquer une réaction défensive ;
  • renforcer la crainte du mouvement ;
  • rendre la séance difficilement tolérable.

La prise en charge doit être adaptée à la sensibilité du patient.

On privilégiera généralement une approche :

  • progressive ;
  • confortable ;
  • non agressive ;
  • adaptée au stade de la maladie ;
  • intégrée à la rééducation.

Les recommandations européennes insistent elles aussi sur la nécessité d'exercices généralement doux et progressifs, adaptés au patient.

10. L'ostéopathie peut-elle faire disparaître l'algodystrophie ?

Il faut être prudent avec cette formulation.

L'ostéopathie ne doit pas être présentée comme un traitement permettant à elle seule de guérir une algodystrophie.

Le SDRC est une affection complexe nécessitant parfois :

  • médecin traitant ;
  • spécialiste de la douleur ;
  • médecin de médecine physique et de réadaptation ;
  • kinésithérapeute ;
  • ergothérapeute ;
  • traitement médicamenteux ;
  • parfois traitements spécialisés de la douleur.

L'objectif principal est de restaurer progressivement la fonction et la qualité de vie.

Les recommandations internationales placent la restauration fonctionnelle au centre de la stratégie thérapeutique.

11. Quelle place pour le massage ?

Le massage peut parfois être utilisé dans une approche très douce.

Il peut avoir pour objectif :

  • d'améliorer le confort ;
  • de diminuer certaines tensions ;
  • de favoriser le contact avec la zone douloureuse ;
  • de participer à une désensibilisation progressive.

Mais là encore, il ne faut pas présenter le massage comme une méthode démontrée permettant de « drainer l'algodystrophie ».

Les données scientifiques concernant les techniques manuelles et le drainage lymphatique dans le SDRC restent limitées. Une revue Cochrane a notamment conclu à une très faible certitude des données concernant plusieurs interventions de kinésithérapie, et n'a pas retrouvé de bénéfice clair du drainage lymphatique manuel sur la douleur par rapport à d'autres interventions.

12. Pourquoi l'activité physique reste fondamentale

Même lorsqu'une personne souffre d'algodystrophie, l'objectif à terme est de retrouver progressivement une utilisation normale du membre.

Selon les possibilités du patient, cela peut passer par :

  • mobilisation ;
  • marche ;
  • exercices d'équilibre ;
  • renforcement ;
  • travail fonctionnel ;
  • reprise progressive des activités quotidiennes ;
  • exercices spécifiques du membre supérieur ou inférieur.

La progression doit être individualisée.

Il ne s'agit pas de « passer au travers de la douleur » à tout prix.

Il s'agit plutôt de réhabituer progressivement le système nerveux et le membre au mouvement.

13. La thérapie miroir et l'imagerie motrice

Dans certains SDRC, la rééducation peut également utiliser des techniques agissant sur la représentation du mouvement.

Parmi elles :

  • imagerie motrice graduée ;
  • reconnaissance de la latéralité ;
  • mouvements imaginés ;
  • thérapie miroir.

Ces approches cherchent notamment à modifier progressivement la façon dont le cerveau traite les informations provenant du membre douloureux.

Les recommandations internationales accordent une place à ces stratégies dans certains parcours de rééducation, même si le niveau de preuve varie selon les interventions.

14. Peut-on manipuler une articulation atteinte d'algodystrophie ?

La prudence est indispensable.

Une articulation présentant :

  • douleur importante ;
  • œdème ;
  • hypersensibilité ;
  • fragilité osseuse éventuelle ;
  • raideur importante ;

ne constitue pas nécessairement une indication à une manipulation articulaire rapide ou forcée.

L'objectif n'est pas de « remettre en place » une articulation.

Dans ce contexte, une approche manuelle adaptée doit plutôt rechercher le confort et la récupération progressive de la mobilité, en tenant compte du diagnostic médical et du stade d'évolution.

15. Algodystrophie après une fracture

L'algodystrophie peut notamment apparaître dans les semaines suivant une fracture.

Elle peut associer :

  • douleur ;
  • gonflement ;
  • raideur ;
  • troubles vasomoteurs ;
  • difficultés à mobiliser la main, le poignet ou le membre concerné.

L'Assurance Maladie indique notamment que l'algodystrophie peut survenir après une fracture du poignet et associer raideur, douleur, œdème et troubles de la sudation ; la kinésithérapie peut faire partie du traitement.

16. Algodystrophie de la cheville et du pied

Au niveau du membre inférieur, le SDRC peut être particulièrement gênant.

Le patient peut avoir du mal à :

  • poser le pied ;
  • marcher ;
  • monter les escaliers ;
  • rester debout ;
  • reprendre le sport.

Une diminution progressive de l'appui peut alors entraîner un véritable cercle vicieux :

douleur ? diminution de l'appui ? perte de mobilité ? perte de force ? diminution de la fonction ? appréhension du mouvement.

La rééducation cherche précisément à interrompre progressivement ce cercle.

17. Algodystrophie de la main et du poignet

Au niveau du membre supérieur, les conséquences peuvent être importantes.

Le patient peut avoir des difficultés pour :

  • fermer la main ;
  • saisir un objet ;
  • porter une charge ;
  • écrire ;
  • utiliser un clavier ;
  • s'habiller.

L'ergothérapie peut être particulièrement intéressante lorsque la récupération fonctionnelle de la main est au premier plan.

18. L'importance de l'œdème

L'œdème peut contribuer à la sensation de tension et à la diminution de mobilité.

Sa prise en charge peut faire appel à différentes stratégies selon le patient :

  • mobilisation ;
  • exercices musculaires ;
  • utilisation fonctionnelle du membre ;
  • conseils adaptés ;
  • éventuellement compression lorsque celle-ci est indiquée et tolérée ;
  • prise en charge rééducative spécialisée.

Il ne faut toutefois pas confondre la prise en charge de l'œdème avec une simple volonté de « faire circuler le sang ».

Le SDRC implique une dysrégulation beaucoup plus complexe.

19. Une prise en charge précoce est-elle importante ?

Oui.

Plus la douleur, la peur du mouvement et la limitation fonctionnelle s'installent, plus il peut devenir difficile de retrouver une utilisation normale du membre.

Les recommandations européennes recommandent que les patients puissent avoir accès à une rééducation adaptée le plus tôt possible.

Cela ne signifie pas qu'un SDRC ancien ne peut plus évoluer favorablement.

Même lorsque les symptômes sont installés depuis longtemps, une prise en charge adaptée peut chercher à améliorer :

  • douleur ;
  • mobilité ;
  • force ;
  • fonction ;
  • autonomie ;
  • qualité de vie.

20. Ce qu'il faut éviter

Certaines attitudes peuvent compliquer la récupération.

Éviter l'immobilisation prolongée

Lorsque cela est médicalement possible, le membre doit progressivement retrouver une utilisation fonctionnelle.

Éviter les manipulations agressives

Une zone hypersensible ne nécessite pas nécessairement une technique plus forte.

Éviter de forcer systématiquement

La rééducation doit être progressive.

Éviter de se focaliser uniquement sur la circulation

Le SDRC n'est pas simplement un problème vasculaire.

Éviter de multiplier les traitements passifs

Le mouvement et la récupération fonctionnelle restent essentiels.

21. Algodystrophie : l'ostéopathie peut-elle réellement aider ?

La réponse doit être nuancée.

Potentiellement oui comme approche complémentaire, notamment lorsque le patient présente des restrictions de mobilité ou des adaptations musculo-squelettiques secondaires.

Mais il n'existe actuellement pas suffisamment de preuves pour affirmer que l'ostéopathie constitue un traitement spécifique du SDRC ou qu'elle permet à elle seule de normaliser la vascularisation.

La revue scientifique publiée en 2026 sur l'OMT et le CRPS souligne justement que les données sont encore limitées et hétérogènes.

L'intérêt potentiel de l'ostéopathie se situe donc davantage dans une prise en charge complémentaire et individualisée, visant notamment à :

  • améliorer certaines mobilités ;
  • diminuer certaines tensions ;
  • accompagner la récupération fonctionnelle ;
  • favoriser la confiance dans le mouvement ;
  • contribuer à la modulation de la douleur ;
  • accompagner les adaptations posturales et locomotrices.

22. Une approche globale plutôt qu'un traitement unique

L'algodystrophie illustre particulièrement bien l'intérêt d'une approche multidisciplinaire.

Il n'existe pas une technique unique permettant de traiter toutes les composantes du SDRC.

La prise en charge peut associer :

Médecin
? diagnostic, suivi et traitements médicaux

Kinésithérapeute
? mobilité, force, fonction, réentraînement

Ergothérapeute
? utilisation du membre dans la vie quotidienne

Spécialiste de la douleur
? prise en charge des douleurs persistantes ou complexes

Ostéopathe
? approche complémentaire des composantes musculo-squelettiques, avec des techniques adaptées à la sensibilité du patient

Cette complémentarité est particulièrement importante dans une affection aussi complexe.

23. Algodystrophie et vascularisation : ce qu'il faut réellement retenir

L'idée selon laquelle l'ostéopathie « améliore la vascularisation » doit être formulée avec précision.

Ce qui est établi

Le SDRC comporte des anomalies vasomotrices et autonomes pouvant modifier la température, la coloration et la sudation du membre.

Ce qui est important dans le traitement

La récupération fonctionnelle, le mouvement progressif et la rééducation occupent une place centrale.

Ce qui est plausible mais encore insuffisamment démontré

Certaines techniques manuelles pourraient influencer la douleur, la mobilité tissulaire et certaines réponses neurovégétatives, ce qui pourrait indirectement participer au fonctionnement local.

Ce qui n'est pas démontré

Il n'est actuellement pas possible d'affirmer scientifiquement que l'ostéopathie rétablit la vascularisation d'un membre atteint d'algodystrophie ou qu'elle guérit le SDRC.

Cette distinction permet de conserver un discours médical crédible tout en expliquant la place possible de l'ostéopathie.

24. Les idées reçues sur l'algodystrophie

« L'algodystrophie est simplement un problème de circulation »

Faux.

Les troubles vasomoteurs existent, mais le SDRC implique également des mécanismes neurologiques, inflammatoires et de sensibilisation.

« Il faut immobiliser complètement le membre »

Faux.

L'immobilisation prolongée peut favoriser la perte de fonction. La mobilisation progressive est généralement recherchée.

« Il faut forcer pour récupérer »

Faux.

La rééducation doit être progressive et adaptée à la tolérance du patient.

« L'ostéopathie peut remettre la circulation en place »

Trop simpliste.

L'ostéopathie peut éventuellement être utilisée comme complément, mais son effet spécifique sur la vascularisation du SDRC n'est pas démontré.

« Plus la douleur est forte, plus la maladie est grave »

Pas nécessairement.

La douleur du SDRC peut être très importante en raison notamment des phénomènes de sensibilisation.

« Une algodystrophie signifie qu'on ne récupérera jamais »

Faux.

L'évolution est variable et une prise en charge adaptée vise à restaurer progressivement la fonction et la qualité de vie.

25. Quand consulter ?

Une douleur persistante associée à :

  • un gonflement inhabituel ;
  • une modification de couleur ;
  • une différence de température entre les deux membres ;
  • une hypersensibilité importante ;
  • une raideur progressive ;
  • une difficulté croissante à utiliser le membre ;

justifie une consultation médicale.

Le diagnostic du SDRC doit être posé médicalement afin d'écarter notamment d'autres causes pouvant produire des symptômes similaires.

Une prise en charge précoce permet ensuite d'organiser rapidement la rééducation adaptée.

26. Le rôle de l'ostéopathe à Nancy et Vandœuvre-lès-Nancy

Lorsqu'un diagnostic de SDRC a été posé et que la prise en charge médicale et rééducative est organisée, l'ostéopathie peut être envisagée comme un complément.

La consultation peut notamment s'intéresser aux adaptations apparues autour du membre atteint :

  • modifications de la marche ;
  • perte de mobilité articulaire ;
  • tensions musculaires ;
  • adaptations du bassin ;
  • contraintes du rachis ;
  • diminution de l'utilisation du membre opposé.

L'objectif n'est pas de remplacer le traitement médical ou la kinésithérapie, mais de participer à une prise en charge globale et individualisée.

À Nancy et Vandœuvre-lès-Nancy, une consultation peut ainsi s'inscrire dans un parcours associant médecin, kinésithérapeute et, lorsque cela est nécessaire, spécialiste de la douleur.

FAQ – Algodystrophie et ostéopathie

L'algodystrophie est-elle une maladie vasculaire ?

Non. Le SDRC comporte des troubles vasomoteurs, mais sa physiopathologie est beaucoup plus complexe et implique notamment les systèmes nerveux et inflammatoires.

L'ostéopathie peut-elle améliorer la circulation ?

Certaines techniques manuelles peuvent avoir des effets physiologiques transitoires sur les tissus et le système autonome, mais l'amélioration spécifique de la vascularisation dans le SDRC n'est pas suffisamment démontrée.

Peut-on consulter un ostéopathe avec une algodystrophie ?

Oui, potentiellement, mais dans le cadre d'une prise en charge complémentaire et après avoir pris en compte le diagnostic et le stade du SDRC.

Faut-il faire de la kinésithérapie ?

La rééducation constitue un élément central de la prise en charge du SDRC.

Peut-on masser une algodystrophie ?

Certaines techniques très douces peuvent être utilisées selon la sensibilité du patient, mais il faut éviter les techniques agressives.

Peut-on faire du sport avec une algodystrophie ?

La reprise doit être progressive et adaptée. L'objectif est généralement de retrouver progressivement l'utilisation fonctionnelle du membre.

L'algodystrophie peut-elle disparaître ?

L'évolution est variable. Une prise en charge adaptée vise notamment à limiter les incapacités et à favoriser la récupération fonctionnelle.

L'ostéopathie remplace-t-elle le médecin ?

Non. Le diagnostic et le suivi médical du SDRC restent essentiels.

À retenir

L'algodystrophie, ou syndrome douloureux régional complexe, est une affection complexe associant douleur, hypersensibilité, œdème, raideur et troubles vasomoteurs.

Les troubles de la circulation observés dans le SDRC correspondent surtout à une dysrégulation vasomotrice, et non à une simple mauvaise circulation sanguine.

La prise en charge repose principalement sur une récupération fonctionnelle progressive, avec rééducation, mobilisation et traitements médicaux adaptés.

L'ostéopathie peut éventuellement intervenir en complément, notamment pour accompagner les restrictions de mobilité et les adaptations musculo-squelettiques. Certaines hypothèses suggèrent des effets possibles sur la modulation de la douleur et les réponses neurovégétatives, mais les données spécifiques au SDRC restent actuellement limitées.

Il est donc préférable de parler d'une contribution potentielle à la mobilité, au confort et à la régulation neurovégétative plutôt que d'affirmer que l'ostéopathie « rétablit la circulation ».



Olivier Romand

Olivier Romand est kiné depuis 1998 et ostéopathe depuis 2005 sur Nancy et Vandœuvre-lès-Nancy

Contact

Olivier Romand vous accueille dans 2 cabinets d'ostéopathie à Nancy et Vandœuvre-lès-Nancy :

Cabinet d'ostéopathie de Nancy
Adresse : 34 rue saint Jean, 54000 Nancy

Cabinet d'ostéopathie de Vandœuvre-lès-Nancy
Adresse : 14 Avenue Jeanne d'Arc, pôle médical n°2, 54500 Vandœuvre-lès-Nancy

Vous pouvez prendre rendez-vous du Lundi au Samedi soit par téléphone soit en ligne.


 

Accès ostéopathe Nancy