Stress et douleurs : quand le corps somatise, serre les dents et exprime la tension
Le stress ne se manifeste pas uniquement par des pensées, de l’inquiétude ou une sensation de fatigue. Il peut également s’exprimer par le corps : tensions musculaires, maux de tête, douleurs cervicales ou dorsales, troubles digestifs, difficultés de sommeil, palpitations, sensation d’oppression, fatigue, bruxisme ou douleurs de la mâchoire.
Cette relation entre stress et symptômes physiques est bien établie. Le stress active notamment les systèmes nerveux et hormonaux qui permettent à l’organisme de faire face à une situation perçue comme exigeante. Lorsque cette activation se répète ou se prolonge, elle peut participer à l'apparition ou à l'entretien de nombreux symptômes physiques.
On parle parfois de somatisation lorsque des facteurs psychologiques ou émotionnels participent à l’expression de symptômes physiques. Cela ne signifie absolument pas que « la douleur est dans la tête » : la douleur, les tensions et les troubles ressentis sont réels.
L’objectif de cet article est de comprendre comment le stress peut se manifester dans le corps, pourquoi certaines personnes serrent les dents ou développent des douleurs, et quelle peut être la place de l’ostéopathie dans cette situation.
1. Qu’est-ce que le stress ?
Le stress est avant tout une réponse normale de l’organisme face à une situation perçue comme exigeante ou menaçante.
Un examen, une surcharge professionnelle, un conflit, une période familiale difficile, un manque de sommeil ou un changement important dans la vie peuvent déclencher cette réaction.
À court terme, le stress peut être utile.
Il permet notamment :
- d’augmenter la vigilance ;
- de mobiliser rapidement de l’énergie ;
- d’accélérer le rythme cardiaque ;
- de préparer les muscles à l’action ;
- d'améliorer temporairement certaines capacités d'adaptation.
Le problème apparaît lorsque cette réponse devient trop fréquente, trop intense ou insuffisamment récupérée.
Le stress chronique peut alors s'accompagner de fatigue, d'irritabilité, de difficultés de concentration, de troubles du sommeil, de douleurs musculaires et de troubles digestifs.
2. Le stress peut-il réellement provoquer des douleurs ?
Oui.
Le stress peut participer à l’apparition ou à l’augmentation de différentes douleurs physiques.
Il peut notamment favoriser :
- la tension musculaire ;
- les céphalées ;http://www.osteopathe-nancy54.com/post/nevralgie-d-arnold-comprendre-cette-douleur-derriere-la-tete
- les douleurs cervicales ;http://www.osteopathe-nancy54.com/post/cervicalgie-mal-au-cou-causes-symptomes-traitements-et-role-d...
- les douleurs dorsales ;http://www.osteopathe-nancy54.com/post/douleur-entre-les-omoplates-pourquoi-a-t-on-mal-dans-le-haut-...
- certaines douleurs lombaires ;
- les douleurs de la mâchoire ;http://www.osteopathe-nancy54.com/post/m-choire-douloureuse-et-bruxisme-quand-consulter-un-osteopath...
- les troubles digestifs ;
- une fatigue importante ;
- des troubles du sommeil.
L'Assurance Maladie décrit elle aussi des manifestations physiques variées associées aux troubles anxieux, notamment les douleurs, tensions musculaires, troubles digestifs, palpitations, céphalées, vertiges et troubles du sommeil.
Le stress n'est toutefois pas une explication automatique à toute douleur.
Une douleur nouvelle, importante, persistante ou inhabituelle doit être évaluée afin de rechercher une éventuelle cause médicale ou mécanique.
3. Pourquoi le stress fait-il mal au corps ?
Plusieurs mécanismes peuvent intervenir simultanément.
Une augmentation de la tension musculaire
Lorsque l'organisme se trouve en état d'alerte, les muscles peuvent rester davantage sollicités.
Chez certaines personnes, cela se traduit par une sensation de :
- nuque dure ;
- épaules constamment relevées ;
- mâchoire contractée ;http://www.osteopathe-nancy54.com/post/m-choire-douloureuse-et-bruxisme-quand-consulter-un-osteopath...
- dos tendu ;
- muscles douloureux au réveil.
Lorsque cette tension se prolonge, elle peut participer à l'apparition de douleurs.
Une augmentation de la vigilance
Le stress peut également modifier la manière dont le cerveau traite les informations provenant du corps.
Une personne très préoccupée peut devenir particulièrement attentive à ses sensations :
« Est-ce que j'ai encore mal ? »
« Pourquoi mon cœur bat-il plus vite ? »
« Est-ce que cette tension signifie quelque chose de grave ? »
Cette surveillance permanente peut contribuer à maintenir l'attention portée aux symptômes et parfois amplifier leur perception.
Un sommeil moins récupérateur
Le stress et les troubles du sommeil peuvent également s'entretenir mutuellement.
Une mauvaise nuit augmente la fatigue et diminue la capacité à faire face aux contraintes quotidiennes. Le stress peut alors être plus difficile à gérer, ce qui perturbe à nouveau le sommeil.
4. Somatisation : quand le stress s’exprime dans le corps
Le terme somatisation est souvent utilisé pour décrire une situation dans laquelle des facteurs psychologiques, émotionnels ou liés au stress participent à l'apparition ou à l'entretien de symptômes physiques.
Il est important de comprendre une chose :
Somatiser ne signifie pas simuler.
La douleur est réelle.
Les symptômes sont réellement ressentis.
Le fait qu'un facteur émotionnel participe à un symptôme ne rend pas celui-ci imaginaire.
Le fonctionnement du système nerveux permet précisément d'expliquer cette interaction permanente entre le cerveau, les émotions et le corps.
Le stress peut ainsi participer à des manifestations très différentes selon les personnes. L'Assurance Maladie souligne d'ailleurs la grande diversité des symptômes physiques associés à l'anxiété.
5. Peut-on somatiser « partout » ?
Potentiellement, le stress peut influencer de nombreux systèmes de l'organisme.
Cela ne signifie pas que toute douleur dans n'importe quelle partie du corps est provoquée par le stress.
Il est plus juste de dire que le stress peut modifier ou amplifier l'expression de nombreux symptômes.
Une même période stressante peut ainsi s'accompagner chez une personne de :
- cervicalgies ;http://www.osteopathe-nancy54.com/post/cervicalgie-mal-au-cou-causes-symptomes-traitements-et-role-d...
- maux de tête ;
- douleurs dorsales ;
- troubles digestifs ;
- bruxisme ;http://www.osteopathe-nancy54.com/post/m-choire-douloureuse-et-bruxisme-quand-consulter-un-osteopath...
- fatigue ;
- troubles du sommeil.
Chez une autre personne, les manifestations seront complètement différentes.
C'est l'une des raisons pour lesquelles le stress peut être difficile à identifier : il ne possède pas une seule expression corporelle.
6. Stress et cervicales : pourquoi la nuque se contracte-t-elle ?
La région cervicale est l'une des zones fréquemment concernées par les tensions liées au stress.
Lorsque la charge mentale augmente, certaines personnes adoptent inconsciemment une attitude plus contractée :
- épaules remontées ;
- tête projetée en avant ;
- mâchoire serrée ;
- respiration plus haute ;
- muscles cervicaux constamment sollicités.
Cette tension peut contribuer à l'apparition de :
- douleurs cervicales ;http://www.osteopathe-nancy54.com/post/cervicalgie-mal-au-cou-causes-symptomes-traitements-et-role-d...
- raideur ;
- sensation de nuque « bloquée » ;
- douleurs entre les omoplates ;
- céphalées de tension.
Cela ne signifie pas qu'une cervicalgie est nécessairement liée au stress. Les causes mécaniques, articulaires, musculaires ou traumatiques doivent également être prises en compte.
7. Pourquoi le stress fait-il serrer les dents ?
Le serrage des dents est une manifestation particulièrement intéressante de la relation entre stress et système musculo-squelettique.
Certaines personnes serrent les dents sans même s'en rendre compte.
Cela peut se produire :
- pendant la journée ;
- devant un ordinateur ;
- en conduisant ;
- pendant une période de concentration ;
- lors d'une situation stressante ;
- pendant le sommeil.
Le bruxisme correspond au fait de serrer ou de grincer les dents, pendant le sommeil ou à l'état éveillé.
Le stress et l'anxiété font partie des facteurs fréquemment associés au bruxisme.http://www.osteopathe-nancy54.com/post/m-choire-douloureuse-et-bruxisme-quand-consulter-un-osteopath...
8. Quels sont les symptômes du bruxisme ?
Un serrage ou un grincement répété peut provoquer :
- douleurs de la mâchoire ;
- fatigue des muscles masticateurs ;
- douleurs temporales ;
- céphalées ;
- douleurs cervicales ;
- sensibilité dentaire ;
- usure des dents ;
- dents fissurées ou cassées dans les formes importantes ;
- troubles du sommeil.
Certaines personnes découvrent leur bruxisme parce que leur dentiste constate une usure dentaire ou parce que leur conjoint entend les grincements nocturnes.
9. Stress et mâchoire : un cercle parfois difficile à
interrompre
Le phénomène peut fonctionner comme un cercle :
stress ? serrage des dents ? tension musculaire ? douleur ? inquiétude ? nouveau serrage
La personne peut alors avoir l'impression que sa mâchoire est constamment contractée.
Les muscles temporaux et masséters peuvent devenir sensibles, tandis que les tensions peuvent également être ressenties dans la région cervicale.
Dans cette situation, une prise en charge globale est souvent plus pertinente qu'une intervention sur la seule zone douloureuse.
Un dentiste peut notamment rechercher les conséquences dentaires du bruxisme et proposer, lorsque cela est indiqué, une protection adaptée des dents.
10. Stress et maux de tête
Le stress peut être associé à différents types de céphalées.
Une tension musculaire cervicale et une sollicitation importante des muscles de la tête et du cou peuvent notamment participer à des céphalées de tension.
La personne peut décrire :
- une pression autour du crâne ;
- une sensation de casque ;http://www.osteopathe-nancy54.com/post/nevralgie-d-arnold-comprendre-cette-douleur-derriere-la-tete
- une douleur temporale ;
- une douleur occipitale ;
- une tension cervicale associée.
Toutefois, toutes les céphalées ne sont pas liées au stress.
Une céphalée brutale, inhabituelle ou accompagnée de signes neurologiques nécessite une évaluation médicale.
11. Stress et douleurs entre les omoplates
La zone située entre les omoplates est également souvent décrite comme une région de tension.
Une personne stressée peut ressentir :
- une sensation de poids ;
- une contracture ;
- une douleur sourde ;
- une envie permanente de « faire craquer » le haut du dos ;
- une gêne après plusieurs heures devant un écran.
Les muscles cervicaux et scapulaires peuvent être particulièrement sollicités lorsque les épaules restent en tension.
Le stress n'est cependant qu'un facteur possible parmi d'autres : posture prolongée, activité professionnelle, manque de mouvement, effort inhabituel ou problème musculo-squelettique peuvent également intervenir.
12. Stress et douleurs lombaires
Le stress peut également participer à certaines douleurs lombaires.
La lombalgie est multifactorielle : les facteurs physiques, psychologiques, sociaux, professionnels et comportementaux peuvent interagir.http://www.osteopathe-nancy54.com/post/mal-de-dos-lombalgie-causes-symptomes-traitements-et-role-de-...
Une période de stress peut notamment s'accompagner :
- d'une augmentation des tensions musculaires ;
- d'une diminution de l'activité physique ;
- d'un sommeil moins récupérateur ;
- d'une augmentation de la vigilance vis-à-vis de la douleur ;
- d'une récupération moins efficace.
Il est donc souvent plus pertinent de considérer le stress comme un facteur pouvant contribuer à la douleur plutôt que comme une cause unique.
13. Stress et troubles digestifs
Le système digestif est particulièrement sensible aux variations de l'état émotionnel et du stress.
Une période stressante peut s'accompagner de :
- nausées ;
- douleurs abdominales ;
- ballonnements ;
- diarrhée ;
- constipation ;
- modification de l'appétit.
Le syndrome de l'intestin irritable constitue un exemple bien documenté : le stress et l'anxiété peuvent favoriser ou aggraver les symptômes chez certaines personnes.
Cela ne signifie évidemment pas que tout problème digestif est dû au stress.
Une douleur abdominale persistante, importante ou inhabituelle doit être évaluée médicalement.
14. Stress et palpitations : faut-il s'inquiéter ?
Le stress peut accélérer le rythme cardiaque et provoquer une sensation de cœur qui bat plus vite ou plus fort.
Cette réaction est liée notamment à l'activation du système nerveux sympathique et à la libération d'hormones du stress.
Une sensation de cœur qui s'emballe peut donc apparaître dans un contexte anxieux.
Mais il serait dangereux d'attribuer automatiquement des palpitations ou une douleur thoracique au stress.
En cas de première apparition, de symptômes importants, de malaise, de douleur thoracique, d'essoufflement ou de symptômes inhabituels, une évaluation médicale est nécessaire.
15. Stress et respiration
Le stress peut modifier la respiration.
Certaines personnes respirent plus rapidement ou plus superficiellement lorsqu'elles sont anxieuses ou sous pression.
Elles peuvent alors ressentir :
- une impression de souffle court ;
- une oppression ;
- des soupirs fréquents ;
- une sensation de ne pas réussir à « prendre une grande inspiration » ;
- des tensions thoraciques.
Là encore, il ne faut pas attribuer systématiquement une difficulté respiratoire au stress : une cause médicale doit être recherchée lorsque le symptôme est nouveau ou important.
16. Stress et sommeil
Le sommeil est l'une des premières fonctions à être perturbées pendant les périodes de forte tension.
On peut avoir :
- des difficultés d'endormissement ;
- des réveils nocturnes ;
- un sommeil moins profond ;
- un réveil précoce ;
- des pensées qui tournent en boucle ;
- une fatigue au réveil.
Le problème peut devenir circulaire :
stress ? mauvais sommeil ? fatigue ? moins bonne récupération ? plus grande sensibilité au stress.
Les troubles du sommeil font partie des manifestations fréquemment associées au stress.
17. Pourquoi a-t-on parfois mal partout lorsque l'on est très
stressé ?
Certaines personnes décrivent, pendant une période difficile, une véritable impression de corps douloureux dans son ensemble.
Elles peuvent avoir simultanément :
- mal au cou ;
- mal au dos ;
- mal aux épaules ;
- mal à la tête ;
- mal à la mâchoire ;
- des tensions musculaires ;
- des troubles digestifs ;
- une fatigue importante.
Plusieurs mécanismes peuvent alors se superposer :
tension musculaire + sommeil insuffisant + fatigue + stress + augmentation de la vigilance + diminution de l'activité physique.
Ce cumul peut augmenter la sensibilité aux sensations corporelles et entretenir les symptômes.
Cela ne signifie pas qu'il faut rechercher une cause psychologique à tout prix. Au contraire, une bonne prise en charge commence par écouter les symptômes et éliminer les causes qui nécessitent une évaluation médicale.
18. Stress, douleur et système nerveux
La douleur n'est pas simplement un signal provenant d'un muscle ou d'une articulation.
Elle correspond à une expérience produite par le système nerveux à partir de nombreuses informations.
Le contexte émotionnel, le sommeil, l'attention portée au symptôme, les expériences précédentes et le niveau de stress peuvent influencer la manière dont une douleur est ressentie.
C'est notamment pour cette raison qu'une même sollicitation physique peut être parfaitement tolérée un jour et beaucoup plus douloureuse dans une période de fatigue ou de stress.
Comprendre ce mécanisme ne signifie pas nier la douleur.
Au contraire, cela permet de mieux comprendre pourquoi une prise en charge efficace peut parfois devoir agir sur plusieurs facteurs simultanément.
19. Le stress peut-il provoquer des douleurs sans lésion ?
Oui, certaines douleurs peuvent exister sans qu'une lésion structurelle identifiable soit retrouvée.
Cela ne signifie pas que le symptôme est imaginaire.
Certaines douleurs sont influencées par le fonctionnement du système nerveux et par la manière dont les différentes informations sensorielles sont intégrées.
Dans ces situations, rechercher exclusivement « l'endroit qui est abîmé » peut être insuffisant.
Il peut être plus utile de prendre en compte :
- le sommeil ;
- le niveau d'activité ;
- le stress ;
- la récupération ;
- les habitudes quotidiennes ;
- les facteurs professionnels ;
- les émotions ;
- les croyances concernant la douleur.
20. Quel est le rôle de l'ostéopathie en cas de stress ?
L'ostéopathie ne traite pas directement la cause psychologique du stress et ne doit pas être présentée comme un traitement de l'anxiété ou de la dépression.
Son intérêt peut être différent.
Lorsque le stress s'accompagne de tensions musculo-squelettiques, une consultation peut permettre d'évaluer :
- la mobilité cervicale ;
- les tensions de la ceinture scapulaire ;
- les muscles de la mâchoire ;
- la région thoracique ;
- la mobilité du dos ;
- les tensions liées au poste de travail ;
- certains facteurs mécaniques associés aux douleurs.
L'objectif est alors d'agir sur la composante musculo-squelettique des symptômes, dans le cadre d'une prise en charge globale.
21. Peut-on consulter un ostéopathe pour des tensions liées
au stress ?
Oui, lorsqu'il existe des symptômes musculo-squelettiques compatibles avec une prise en charge ostéopathique.
Par exemple :
- « J'ai les épaules constamment contractées. »
- « Je suis stressé et j'ai mal à la nuque. »
- « Je serre les dents toute la journée. »
- « J'ai constamment une tension entre les omoplates. »
- « Depuis plusieurs semaines, j'ai le dos très tendu. »
L'examen permet d'identifier ce qui relève de la sphère musculo-squelettique et ce qui nécessite éventuellement une orientation vers un autre professionnel de santé.
22. Et si je serre les dents ?
Dans ce cas, l'approche doit être particulièrement globale.
Le bruxisme peut être associé au stress, mais d'autres facteurs peuvent intervenir, notamment certains troubles du sommeil, des médicaments, le tabac, l'alcool ou la caféine.
Le dentiste joue un rôle important pour :
- examiner l'état des dents ;
- rechercher une usure ;
- évaluer les articulations temporo-mandibulaires ;
- rechercher une douleur musculaire ;
- proposer si nécessaire une gouttière adaptée.
L'ostéopathie peut éventuellement intervenir en complément sur les tensions musculo-squelettiques associées, notamment au niveau de la mâchoire, du cou et de la ceinture scapulaire.
23. Faut-il faire craquer le dos ou le cou pour diminuer le
stress ?
Pas nécessairement.
Certaines personnes recherchent régulièrement une sensation de craquement lorsqu'elles ressentent une tension.
Le soulagement obtenu peut être agréable, mais il ne signifie pas qu'une vertèbre était « déplacée ».
Le craquement correspond généralement à un phénomène mécanique au niveau d'une articulation et ne constitue pas une preuve qu'une articulation était « bloquée ».
Il est préférable de travailler sur les facteurs qui entretiennent la tension plutôt que de rechercher systématiquement le craquement.
24. Comment réduire les manifestations physiques du stress
?
Il n'existe pas une solution unique.
Plusieurs mesures peuvent être utiles.
Bouger régulièrement
L'activité physique régulière est l'un des moyens les plus intéressants pour améliorer la condition physique et participer à la gestion du stress.
Elle peut être adaptée aux capacités et aux contraintes de chacun.
Améliorer le sommeil
Des horaires réguliers, une période de déconnexion avant le coucher et un environnement favorable au sommeil peuvent aider.
Respirer et ralentir
Des exercices de respiration ou de relaxation peuvent être utiles pour certaines personnes.
Faire des pauses
Lorsque l'activité professionnelle impose plusieurs heures devant un écran, se lever régulièrement et varier les positions peut réduire l'accumulation de tensions.
Maintenir une vie sociale
Les échanges avec l'entourage peuvent également jouer un rôle important dans la gestion du stress.
Identifier ce qui déclenche la tension
Comprendre les situations dans lesquelles on commence à serrer les dents, hausser les épaules ou contracter la mâchoire peut aider à interrompre progressivement le mécanisme.
25. Faut-il supprimer toutes les sources de stress ?
Non, et ce serait d'ailleurs impossible.
L'objectif n'est pas d'avoir une vie sans stress.
Le stress fait partie des réactions normales de l'organisme.
L'objectif est plutôt de retrouver un équilibre entre contraintes et récupération.
Une journée stressante suivie d'une période de récupération n'a pas nécessairement les mêmes conséquences qu'une succession de journées sous tension sans véritable possibilité de récupération.
26. Quand faut-il consulter un médecin ?
Il ne faut pas attribuer automatiquement un symptôme au stress.
Un avis médical est particulièrement important en cas de :
- douleur thoracique ;
- essoufflement inhabituel ;
- malaise ou perte de connaissance ;
- palpitations importantes ou nouvelles ;
- déficit neurologique ;
- douleur brutale et inhabituelle ;
- fièvre ;
- perte de poids inexpliquée ;
- symptômes persistants ou qui s'aggravent ;
- troubles digestifs importants ou persistants ;
- céphalée inhabituelle ou brutale.
Le stress peut produire de nombreux symptômes physiques, mais « c'est le stress » ne doit jamais devenir un diagnostic par défaut.
27. Stress ou maladie : comment faire la différence ?
C'est parfois difficile.
Un même symptôme peut avoir plusieurs causes.
Par exemple, une douleur cervicale peut être liée :
- à une surcharge musculaire ;
- à une activité professionnelle ;
- à un traumatisme ;
- à un problème cervical ;
- au stress ;
- à plusieurs de ces facteurs simultanément.
De même, des palpitations peuvent être favorisées par le stress mais avoir également d'autres causes.
La démarche la plus pertinente consiste donc à ne pas opposer systématiquement « physique » et « psychologique ».
Le corps et le système nerveux fonctionnent ensemble.
28. Les idées reçues sur le stress et la somatisation
« Si c'est psychosomatique, c'est imaginaire »
Faux. Un symptôme influencé par le stress est réel. La douleur et les sensations ressenties ne sont pas imaginaires.
« Le stress provoque toutes les maladies »
Faux. Le stress peut influencer de nombreux symptômes et certaines pathologies, mais il ne constitue pas une explication universelle.
« Il suffit de se détendre »
À nuancer. La relaxation peut aider, mais la prise en charge doit parfois associer activité physique, amélioration du sommeil, accompagnement psychologique, traitement médical ou prise en charge musculo-squelettique.
« Le bruxisme vient uniquement du stress »
Faux. Le stress est un facteur important, mais le bruxisme est multifactoriel. Les troubles du sommeil et certains autres facteurs peuvent également intervenir.
« Si j'ai mal au dos à cause du stress, je dois me reposer »
Pas nécessairement. Une diminution temporaire des contraintes peut être utile, mais l'activité physique adaptée et progressive est généralement préférable à une immobilisation prolongée.
« L'ostéopathie soigne le stress »
À nuancer. L'ostéopathie ne constitue pas un traitement du stress psychologique. Elle peut en revanche accompagner certaines conséquences musculo-squelettiques du stress.
« Il faut trouver la vertèbre déplacée »
Faux. Les douleurs liées au stress ne s'expliquent pas simplement par une vertèbre « déplacée ». Une approche globale est généralement plus pertinente.
FAQ – Stress, douleurs et somatisation
Le stress peut-il donner mal au dos ?
Oui. Le stress peut participer à l'augmentation des tensions musculaires et influencer la perception et la persistance de certaines douleurs.
Le stress peut-il provoquer des douleurs cervicales ?
Oui, notamment lorsqu'il s'accompagne d'une tension prolongée des muscles du cou et des épaules.
Le stress peut-il faire serrer les dents ?
Oui. Le stress et l'anxiété sont fréquemment associés au bruxisme et au serrage des dents.
Le stress peut-il provoquer des problèmes digestifs ?
Oui. Le stress peut notamment favoriser ou aggraver certains troubles digestifs et les symptômes du syndrome de l'intestin irritable.
Pourquoi ai-je mal partout quand je suis stressé ?
Plusieurs mécanismes peuvent se cumuler : tensions musculaires, fatigue, sommeil perturbé, diminution de l'activité physique et augmentation de la sensibilité aux sensations corporelles.
Peut-on avoir des symptômes physiques sans maladie visible ?
Oui. Certains symptômes peuvent être influencés par le fonctionnement du système nerveux et par des facteurs psychologiques ou émotionnels, même lorsqu'aucune lésion structurelle n'est identifiée.
Est-ce que l'ostéopathie peut aider ?
Elle peut être intéressante lorsque le stress s'accompagne de tensions ou de douleurs musculo-squelettiques. Elle doit rester complémentaire d'une prise en charge médicale ou psychologique lorsqu'elle est nécessaire.
Quelle est la meilleure solution contre le stress ?
Il n'existe pas une solution unique. Activité physique, sommeil, gestion du stress, relations sociales, accompagnement psychologique et prise en charge médicale peuvent être associés selon la situation.
Quand faut-il consulter ?
Lorsque les symptômes sont importants, nouveaux, persistants, s'aggravent ou présentent des signes inhabituels. Une douleur thoracique, un malaise, un essoufflement important ou un déficit neurologique doivent notamment être évalués médicalement.
En résumé
Le stress peut réellement s'exprimer dans le corps.
Il peut participer à l'apparition ou à l'entretien de nombreuses manifestations :
- tensions musculaires ;
- cervicalgies ;
- douleurs dorsales ;
- lombalgies ;
- céphalées ;
- douleurs de mâchoire ;
- bruxisme ;
- troubles du sommeil ;
- fatigue ;
- troubles digestifs ;
- palpitations ;
- sensations corporelles diverses.
La somatisation ne signifie pas que les symptômes sont imaginaires. Elle illustre au contraire les interactions complexes entre le cerveau, le système nerveux, les émotions et le corps.
La prise en charge doit donc éviter deux erreurs opposées : attribuer systématiquement les symptômes au stress ou, à l'inverse, rechercher exclusivement une lésion mécanique.
Lorsque le stress s'accompagne de douleurs et de tensions musculo-squelettiques, l'ostéopathie peut avoir une place complémentaire, notamment pour prendre en charge les restrictions de mobilité et les tensions associées.
En revanche, l'ostéopathie ne remplace ni le médecin, ni le dentiste, ni le psychologue ou le psychiatre lorsque leur intervention est nécessaire.
Ostéo Nancy